Avec un tel lien avec la musique, la passion de Dennis Ferrer pour cette dernière semble évidente, et cette soif insatiable est en grande partie attribuable à son enfance : un de ses souvenirs les plus anciens remonte à petit piano pour enfant qu’il possédait à l’âge de quatres ans, et c’est celui d’un piano dans un New-York obsédé par la Soul et le Disco.

Un autre souvenir très fort pour lui est à l’âge de 8 ans, faisant après l’école des sorties vers le magasin de disques local pour y acheter des disques de rap, moment dés lequel ses oreilles et son imagination sont capturés par la naissance du hip-hop dans son New-York natal.

« Je suis né en 1970 mais je suis plus un enfant du début des années 80 et de la fin des années 70 : enfant je me rappelle Le Freak des Chic, et Rapper’s Delight »

Il a également récuré le catalogue des disques de Colombia chez qui ses parents et tantes avaient l'habitude d'acheter leur musique, et a acheté des disques avec des noms intéressants, tels que les Doobie Brothers, ou encore Kiss en raison de leur LP à la pochette saisissante.

« C’était une belle époque ! Nous écoutions Chic, Sugar Hill Gang, Kiss, Rush et AC/DC - tout roulait côte à côte, il n’y avait aucun genre, ou en tout cas les genres étaient facile d’écoute, Rock et Soul. Et c'est mon approche en musique aujourd'hui : J'ai grandi dans cette époque où vous écoutiez tout et je fais la même chose maintenant, » continue Ferrer.

« C’est pourquoi les gens sont étonnés par ma variété : je peux faire un son Tech, avoir une approche un peu plus Afro, une chose de technologie, ou une chose Afro, ou un disque Soulful. C'est comme ça que j’ai grandi. Je n'ai pas écouté un type de musique bien particulier.Que cela soit bien clair : Je ne suis pas un producteur. Je suis un Auteur/Producteur ! »

Dennis Ferrer - Change The World

Ferrer est un producteur exceptionnel, en effet, il écrit 90% de ce que vous entendez sur un de ses disques, des paroles aux mélodies en passant par le Beat. Sa spécialité c’est les chansons ( « C’est ce avec quoi j'ai grandi et ce qui ne va pas dans le Business aujourd’hui, il n’y à pas assez de chansons »).

Dennis Ferrer - Church Lady

Il est également exceptionnel parce qu'il est l'antithèse du producteur anonyme : il emploie son vrai nom - aucuns pseudonymes ou abréviations. C'est parce qu'il est disposé à se lever et à être compté, mettant du sang, de la sueur et des larmes dans ses disques : « C’est ce que je suis, ce n'est pas mon travail, c’est ce que j'aime faire : quand vous prenez un de mes disques, il y a de la qualité - vous n'obtenez pas quelque chose de fade, car je le fais avec mon cÅ“ur »

Dennis Ferrer - How Do I Let Go

L'inspiration, cependant, peut frapper au plus inattendu des moments, et vous devez être disposés : « Vous pouvez prendre une décharge et avoir en tête quelque chose qui sonne fort, des idées de paroles, il faut alors courir au studio !! » ( rires ). « La vie est ma muse - si je passe une journée de merde, ou je suis heureux ou blazé : ce que j'écris vient de mon coeur. »

Dennis Ferrer - Jero

Il a appris grâce a la House et à la musique électronique, à travers leurs principaux leaders durant ces 15 dernières années avec notamment le début des années 90 et le pionnier de l’Acide Techno Damon Wild (sur Synewave Records), mais également Kerri Chandler qui a établi un studio pour Ferrer et « qui a introduit la Soulful dans ma vie », alors que le bon ami de Chandler, Jerome Sydenham, « m'enseignait l'arrangement et les nuances dans les disques.Tant qu’ il est construit en 4/4, qu’il claque et qu’il a un son Club, je suis heureux - je ne veux rien faire de mou. »

Dennis Ferrer - Son Of Raw



Ferrer ne mâche pas ses mots, mais à la différence de beaucoup de producteurs, il peut se reposer sur le fait d’avoir des titres dance floor parmis les meilleurs de ces 3 dernières années : Sandcastles, Son Of Raw, Timbuktu, Most Precious Love, et The Cure & The Cause.

Il fait la musique avec une forte vibe, et en restant sur les critères du `4/4, il essaye de faire un son qui sonne, qui soit Club et non somnolent, et cela le rend heureux.

Dennis Ferrer - Touch The Sky

Ce que refuse absolument Ferrer est d’être assimilé à un genre ou à une scène. Ceci a son utilité pour un visionnaire tel que Ferrer, car les barrières entre les genres de la Dance Music ressemblent aujourd’hui à celles du mur de Berlin.

Dennis Ferrer -Transitions

Son nouveau Label, Objektivity, en est l’exemple. Le premier maxi produit avec le légendaire Karizma, de Baltimore, est un mélange entre un son très percussif, une ligne de basse très travaillé, est de la techno très très fine. Les prochains maxis incluent une collaboration avec des chanteurs scandinaves, Ane Brun et Danil Wright.

Assez ironiquement, Ferrer a fourni le catalyseur qui a permis le début de la chute du rideau de fer entres les genres de la Dance Music : sa collaboration énorme avec Jerome Sydenham, Sandcastles (2003) mélange innovant de techno et de soulful.

« Nous savions que nous tenions là quelque chose de spécial, mais la question était de savoir si les gens allaient adhérer. Au début personne : les principaux activistes de la Deep, de la Soulful, et de la House secouaient leurs têtes et semblaient dire « Huuumh… qu’est-ce que c’est que cette merde techno irritable ?» ( Rires ).

A la Winter Music Conference de Miami queques leaders du mouvement étaient simplement confus. Je me suis senti très très mal, j'ai pensé que j'avais raté le coche, je me suis senti horrible. Mais quelques mois plus tard le truc a pris, et il s’était donc écoulée une année entière depuis sa réalisation.

« C'est un disque qui a réuni le Public Techno et celui de la Souful, car on pouvait l’entendre aussi bien dans un Club Techno, que dans un Club House. »

L’étape suivante pour Ferrer a été la sortie de son fabuleux Remix du Most Precious Love, de Blaze, avec la chanteuse Barbara Tucker, qui fut tout simplement l’une des plus grosses vente de disques House en 2005, et qui par la même occasion a pu redonner un nouveau souffle à la scène House et à son côté Dance Floor.

Dennis Ferrer - Underground Is My Home

« Il était dans la poubelle de mon ordinateur, je me disais que je ne pouvais pas faire de disques comme celui-là, que ça sonnait trop….Happy.., et à nouveau, je me suis mis à douter, et à me dire que j’avais tout faux ! » ( Rires )

Cette année fut très productive pour Ferrer, avec également la sortie de Fish Go Deep – The Cure & The Cause, qui a ramené toute une génération de britaniques fans de Uk Garage dans les Clubs House et Soulful.

« Je me disais que j’avais envie de faire quelque chose de réellement différent, ainsi j'ai décidé de caser un son de tuba. Et là, j'ai encore pensé que je m’étais loupé, et une nouvelle fois personne n’a accroché d’entrée, et puis à nouveau, six mois après, le morceau a cartonné ! »

Ferrer est l'un des meilleurs auteurs/producteurs de la Dance Music. Il a réalisé des prods dans des styles très différents ( Ambiant, Acide- Techno, Tech, Gospel, Afro, Soulful ), et il a eu la chance d’apprendre auprès de grands maîtres comme Damon Wild, Kerri Chandler et Jerome Sydenham.

Beaucoup de jeunes producteurs seraient prêts à se couper le bras pour avoir l’aide de tels talents, et en combinant ceci avec de grandes idées et une passion très grande, sa constance et la qualité de ses productions a été sans partage.

L'étape logique pour un producteur comme Denis au sommet de son art, est la réalisation de son propre album : The World As I See It.

Cet album signé sur King Street et Defected, est un mélange de sons et d’ambiance très différents les un des autres, où chaque morceau est un voyage, avec de subtiles détalis : le côté Gospel – Soul sur le Church Lady, l’évasion avec la chanson d'amour Touch The Sky, dans laquelle on retrouve des mélodies électroniques brouillées et de la percussion avec du bongo ; le très instrumental P 2 Da J avec de nombreuses cordes dynamiques et mélodiques, un chant hypnotisant, soutenu par une bassline implacable et cognante ; pareillement sur Son Of Raw, avec un côté plus électronique et percutant, avec des accords de piano placés à merveille; How Do I Let Go est une chanson pleine de chagrin, remémorant une relation qui se termine ; tandis que Destination à un côté un peu plus dance floor, mélange d’une musique des Balkans avec des percus brésiliennes, le tout sur fond de House made in New-York.